XPRIZE lance un concours de 3,5 millions de dollars pour la science-fiction optimiste

La fondation XPRIZE a lancé le 9 mars 2026 le Future Vision XPRIZE, un concours mondial de films de science-fiction doté de plus de 3,5 millions de dollars. L'objectif est simple à énoncer : inspirer une nouvelle vague de récits de science-fiction optimistes sur l'avenir de l'humanité porté par la technologie.
Ce que finance le concours
Le format est précis. Les participants sont invités à soumettre un court-métrage ou une bande-annonce de trois minutes, accompagné d'un traitement de douze pages maximum incluant une page de couverture avec logline, synopsis et déclaration personnelle. Le concours est ouvert mondialement, et les créateurs peuvent utiliser n'importe quel outil de production, y compris la prise de vue réelle, l'animation, l'IA ou des approches hybrides.
Côté récompenses, le grand gagnant recevra 2,5 millions de dollars de financement de production, avec en plus un prix en numéraire de 100 000 dollars. Quatre autres finalistes recevront chacun 100 000 dollars, et 500 000 dollars supplémentaires de prix seront annoncés plus tard dans la compétition. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 août 2026, et la soumission doit se faire avant le 15 août 2026. L'inscription est gratuite. Le concours est ouvert au monde entier. Tous les outils sont acceptés.
Une coalition inhabituelle
La liste des soutiens mêle industrie technologique et divertissement. Salesforce est le sponsor principal du Future Vision XPRIZE, alimentant la communauté mondiale de créateurs via Slack. On retrouve aussi Google, Range Media Partners, ARK Invest, la Roddenberry Foundation, Republic, Xsolla, ainsi que des soutiens individuels dont Jed McCaleb et Ben Horowitz. Seth Green figure également parmi les contributeurs. Le jury associe technologie et entertainment : Astro Teller, Cathie Wood, Rod Roddenberry et Anousheh Ansari, une combinaison qui signale un effort institutionnel sérieux plutôt qu'un concours de contenu spéculatif. Les finalistes présenteront leurs projets lors du Moonshot Gathering à Los Angeles le 25 septembre 2026.
Une thèse assumée sur le pouvoir des récits
Diamandis défend une idée qui structure tout le projet : "Star Trek" offrait une vision pleine d'espoir de l'avenir, où l'humanité et la technologie collaboraient, et il en attribue une partie de sa trajectoire personnelle. Sa lecture du paysage actuel est sévère : il constate une incertitude grandissante dans la vie des gens, qui se demandent si eux ou leurs enfants auront un emploi, une incertitude accentuée par des récits négatifs sur l'avenir. L'exemple invoqué est celui du communicateur de Star Trek, devenu source d'inspiration pour le téléphone mobile des générations suivantes.
Cette thèse — les fictions façonnent les technologies qu'on finit par construire — reste une intuition culturelle, pas un résultat démontrable. Elle suffit néanmoins à justifier, aux yeux des sponsors, un investissement conséquent : pour ARK Invest, les technologies dans lesquelles la société investit aujourd'hui étaient considérées comme de la science-fiction avant de devenir des réalités investissables, et le concours reconnaît que le récit est la R&D qui précède le dépôt de brevets.
Un signal sur les usages de l'IA dans la création
Le concours s'inscrit aussi dans une dynamique plus large : celle des concours de films assistés par IA qui se multiplient. Un précédent existe à Dubaï, où le prix du film IA d'un million de dollars avait attiré 3 500 candidatures venues de 116 pays, et un réalisateur tunisien avait remporté la compétition avec un court-métrage réalisé entièrement avec les outils Google Gemini. Le Future Vision XPRIZE va plus loin en finançant directement la production du film gagnant plutôt qu'en récompensant une œuvre achevée.
Ce que ce concours révèle, au fond, c'est la vitesse à laquelle les outils de création assistée par IA rendent accessible une production que seuls des studios pouvaient auparavant se permettre. Que la thèse sur le pouvoir des récits se vérifie ou non, le dispositif matériel — financement, distribution, outils — est bien réel et mérite d'être suivi.